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Interview du mercredi Women4Tech #5 - Guila Clara Kessous

Interview du mercredi Women4Tech #5 - Guila Clara Kessous

 

A l'occasion de l'évènement Women4Tech, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer chacune des Femmes de la Tech présente lors de la Table ronde.

 

Ce cinquième épisode de nos questions/réponses avec Guila Clara Kessous, l'animatrice de cette table ronde.

 


 

Guila, vous avez un parcours académique impressionnant, combinant un Executive MBA de l'ESSEC et un double doctorat des lettres de l'université de Boston et de l'université de Metz, sous le mentorat d'Elie Wiesel. Comment ces expériences académiques ont-elles influencé votre approche artistique et vos engagements sociaux ?

 

Ce parcours académique m’a donné une solide capacité de structuration rationnelle ce qui m’aidera dans le domaine de l’artistique et de l’humanitaire. Il a ainsi fallu que je fasse tout ce parcours académique, incluant des classes préparatoires un doctorat à l’Université de Boston, un post doctorat à l’Université de Harvard, pour que je puisse librement utiliser la créativité au service de causes humanitaires par le détour par l’artistique. Cela a été pour moi une façon de structurer ma pensée, en me forçant à pouvoir avoir une approche théorique très ordonnée, pour ensuite avoir la liberté de m'engager comme je le voulais, avec la créativité comme partie prenante de mes engagements.

 

 

️En tant qu'Artiste de l'UNESCO pour la paix, vous avez été reconnue pour votre travail en faveur des causes sociales à travers l'art. Pouvez-vous nous parler de l'importance de l'art dans la promotion de la paix et des valeurs humanitaires ?

 

L’art a un rôle fondamental dans la promotion de la paix et dans tout ce qui touche à l'humanitaire. Aujourd'hui, on parle même d' « artivisme ». C'est-à-dire d'une combinaison entre le côté « artiste » et le côté « activiste ». Ce sont les artistes qui partent dans les zones de guerre, ou dans des camps de réfugiés, pour permettre aux victimes de syndromes post traumatiques de faire la « catharsis » de leur souffrance. L’art peut être utilisée comme défouloir pour cette libération des personnes en souffrance mais également comme catalyseur pour pouvoir essayer de diminuer le degré de violence que l'on voudrait déverser sur l'autre quand il y a des conflits. Ce qui est très puissant, c'est de voir que l'art peut être utilisé en prévention d'un conflit. Je pense notamment à tout ce qui va être « art de l'oralité », par la communication comme les radios qui sont utilisées encore aujourd'hui en Afghanistan. Ce sont les radios comme la radio BEGUM qui permet aux femmes, de pouvoir avoir accès, en particulier les jeunes filles, à des petits programmes éducatifs, puisque les jeunes femmes ne peuvent plus aller à l'école dans ce pays-là. L’art permet une prévention des conflits, l’art peut également être catalyseur de la violence et ou être réparateur, comme dans le cas de l' « artivisme » pour faire acte de résilience pour les victimes.

 

 

️Vous avez récemment animé une table ronde sur la féminisation des métiers de la tech, organisée par la Branche Women4Tech du XV DSI. Pouvez-vous nous partager les points saillants de cette discussion et comment vous voyez le rôle des femmes dans le domaine de la technologie aujourd’hui ?

 

Les points saillants sur lesquels nous nous sommes tous accordés, sont en lien sur le fait de pouvoir encourager cette présence féminine qui est garante non seulement d'une diversité, mais même d'une vraie créativité. La femme dans le domaine de la tech, va apporter toute la dimension d'expertise mais également un autre regard. En effet, on sait aujourd'hui que lorsqu’une femme est dans un board ou niveau de gouvernance, elle permet un éclairage qui est différent, et donc complémentaire de ce qu'on a lorsque on a une vision uniquement masculine. On est tous tombés d’accord sur le fait qu’il faut attirer plus de femmes dans la tech. L'idée était très intéressante de pouvoir faire témoigner ces différentes femmes en montrant à la fois les difficultés qu'elles ont pu rencontrer dans leur chemin, mais également des personnes qui ont pu être clés. Et on se rend compte que au travers de leurs difficultés pour pouvoir accéder aux métiers de la tech, et bien les hommes peuvent aussi être des accompagnateurs enthousiastes pour aider les femmes à monter en compétence et de se positionner sur des métiers qui sont à priori des métiers moins féminins que d'autres. Pour moi cela s'inscrit dans une grande mouvance aujourd'hui - les droits des femmes - qu'il faut absolument réinscrire dans les droits humains c'est-à-dire ne plus avoir de guerre de sexe mais au contraire permettre de comprendre qu'il s'agit d'un intérêt commun pour les hommes comme pour les femmes. Que l’on ait une parité beaucoup plus grande dans les domaines de tech en particulier.  

 

 

️Votre parcours varié, de l'art dramatique à la diplomatie en passant par l'éducation, vous confère une perspective unique. Comment envisagez-vous la convergence de ces domaines avec la technologie pour favoriser l'égalité des sexes et les droits des femmes ?

 

Il y a toute une partie de tech for Good qu'il faut souligner. De mon côté, mon positionnement va être de pouvoir prendre les choses de façon un tout petit peu plus globale, et réinscrire la tech comme étant un outil vertueux. Aujourd'hui la tech c'est aussi une tech qui doit aider à plus de démocratie, plus de possibilités d'échange, plus de possibilités d'égalité. Donc le grand pari aujourd'hui, c'est de faire de l'outil tech, un outil qui va être aussi un garant de plus de respect entre les différents individus. Donc aujourd'hui, on a par exemple tout ce qui va être outil de démocratie - ça c'est très intéressant - il y a aussi tout un travail autour de l'intelligence artificielle vis-à-vis d'une possibilité que l’on puisse avoir des garants de parité vis-à-vis des images que va transmettre l'intelligence artificielle, parce qu'on se rend compte aussi, que si jamais on n'a pas de surveillance là-dessus en matière de tech, et bien en fait on véhicule exactement les mêmes stéréotypes genrés. Donc ça ce sont des choses qui sont assez importantes à avoir en tête lorsqu'on on travaille sur la notion de tech et tech for good.

 

 

️Quels conseils prodigueriez-vous aux jeunes femmes désireuses de se lancer dans une carrière technologique, notamment celles qui pourraient se sentir découragées par les obstacles rencontrés dans un milieu souvent dominé par les hommes ? 

 

Les conseils que je pourrais donner, encore une fois moi-même n'étant pas dans le domaine de la tech, je ne pourrais pas prodiguer de conseils en tant qu’experte. En tant que femme, et évoluant dans des domaines tels que la diplomatie civile ou participative, ou alors des domaines liés quelques fois aux hommes. Ce que je peux dire c'est qu’il y a vraiment une conscience de la force inhérente au fait d'être femme qui doit être d'une certaine manière révélée. Le fait d’être une femme renvoie à une capacité de force qui se doit de rester connecté au reste du monde, de ne pas avoir peur d’être connecté au reste du monde. On a tellement de repli sur soi aujourd’hui, on a tellement de peur de l'autre qu'il soit homme, femme, peu importe. Madeleine Albright disait qu'il y avait une place en enfer pour les femmes qui n'aidaient pas les autres femmes… On est aujourd’hui dans une ère de nécessaire interdépendance parce que sinon on ne tiendra pas, ni les uns ni les autres. Donc moi, mon conseil c'est vraiment d'essayer de se connecter au monde, mieux comprendre le monde, ses beautés, ses difficultés, et de faire sa part.

 

 

️Pour conclure, quelles mesures concrètes pensez-vous que les entreprises et les institutions peuvent prendre pour favoriser une représentation équitable des femmes dans les postes de direction et les rôles techniques au sein de l'industrie technologique ? 

 

Je pense que des mesures concrètes pourraient permettre à un conseil d'hommes et de femmes systématique pour une parité en entreprise. Et cela même pour des entreprises qui ont certaines plus d’hommes que de femme. C’est le cas de certaines entreprises de luxe, de mode par exemple. Donc je pense que la mesure, c'est de pouvoir proposer, à des hommes de pouvoir faire partie de ce mouvement pour une plus juste parité quand l’entreprise manque de femmes. Et ces hommes doivent être soutenus par la direction de l’entreprise. Car il est vrai que tout homme qui se déclare ouvertement pour les droits des femmes, pour aider l’accès à la parité, il est immédiatement stigmatisé par les autres. Il faut au contraire que le fait de se déclarer pour les droits des femmes pour un homme soit valorisé et favorisé par l'entreprise, au travers de décisions écrites puissantes.

 

 

 

 


 

Interview du mercredi Women4Tech #4 - Viviane Maleterre

Interview du mercredi Women4Tech #4 - Viviane Maleterre

 

A l'occasion de l'évènement Women4Tech, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer chacune des Femmes de la Tech présente lors de la Table ronde.

 

Quatrième épisode de nos questions/réponses avec Viviane MALETERRE.

 


 

V️iviane, peux-tu nous parler de ton parcours professionnel et de ce qui t’a motivé à occuper le poste de Responsable informatique - RSSI à l'Agence Régionale de Santé Île-de-France ?

 

Mon parcours s’est fait autour de nombreuses rencontres, de propositions, de changements d’orientation, d’études, de prises de risques, de motivation intense, d’envies tout aussi fortes et surtout de beaucoup de curiosité ! Tout cela fut très évolutif et plutôt atypique.

C’est aux détours d’une belle rencontre que l’on m’a proposé de travailler dans l’informatique. Après avoir été très étonnée de cette proposition, c’est la curiosité qui m’a guidée, car à cette époque ce n’était pas l’informatique que l’on connait aujourd’hui : c’était le début du PC et de la souris, de l’écran noir en mode caractère, etc. IBM était le leader et Microsoft n’était que peu connu… C’était encore l’air du minitel.

Je me suis challengée et puis… Je me suis lancée et j’ai repris le chemin de l’école. Au fil des années à travailler dans les SSII, PME, laboratoire pharmaceutique, industrie et fonderie, j’ai rencontré de très belles personnes qui m’ont fait confiance. En 2019, on m’a proposé le poste de responsable informatique et RSSI à l’ARS Ile-de-France que j’ai naturellement accepté : les nouvelles missions et challenges proposés m’ont permis de combiner l’univers de la santé (mon premier coup de cœur) et les SI/Sécurité. L’ARS est un établissement public administratif d’état chargé de mettre en œuvre la politique de santé, qui, depuis 2020 et le Covid, est connu de toute la population.

 

 

️Quel moment clé de ton parcours a renforcé ta conviction que les femmes ont une place essentielle dans les métiers du numérique ?

 

Au détour d’une conversation avec un de mes anciens directeurs, j’ai compris que la place de la femme avait tout son sens dans les métiers du numérique. Après m’avoir donné toute sa confiance, il m’a confirmé que si j’occupais ce poste, c’est que j’avais toutes les compétences en rajoutant avec beaucoup de bienveillance cette petite phrase qui ne m’a jamais quittée : « Tu es tout à fait à ta place, tu as toutes les compétences et tu es l’homme de la situation ».

 

 

️Félicitations pour avoir reçu le Grand Prix des RSSI Culture Sécurité aux Assises de la Sécurité à Monaco en 2018. Peux-tu nous raconter comment cette reconnaissance a influencé ta vision des métiers du numérique et ton engagement envers la sécurité informatique ?

 

Je ne sais pas si ce prix a influencé ma vision des métiers du numérique, mais il me paraissait important de présenter tout le travail qui avait été accompli.

J’ai toujours dispensé de nombreuses actions de sensibilisation auprès de collègues ou collaborateurs, mais avec le temps cela me paraît plus qu’indispensable. J’aime communiquer, vulgariser et expliquer de manière positive les actions à faire ou à ne pas faire. J’ai toujours combattu l’image du RSSI « bougon », tapant sur les doigts de ses collaborateurs. Pour moi, il est essentiel de positionner l’utilisateur au cœur du dispositif, car il est le maillon fort, celui sans lequel tous nos principes de sécurité mis en place ne sont que limités.

Aujourd’hui, la sécurité informatique prend de plus en plus de place dans nos métiers du numérique. On ne peut plus l’ignorer et notre manière de travailler à changer : il est pour moi essentiel de garder l’utilisateur au centre de nos décisions et le faire participer activement à la sécurité informatique.  

 

 

️Quelles qualités personnelles penses-tu avoir développé qui t'ont aidée à réussir en tant que Responsable informatique - RSSI dans un domaine souvent dominé par les hommes ?

 

Les qualités : curiosité, persévérance, écoute, exigence, leadership. En relisant ces qualités, je me dis qu’un homme les aurait peut-être mentionnées dans un autre ordre… A voir.

 

 

️Viviane, pourquoi as-tu décidé de rejoindre le XV DSI ?  

 

C’était une évidence ! J’ai rejoint ce club dès sa création car je partage les mêmes valeurs et l’amour du rugby. Je fais partie des premiers membres fondateurs, peut-être même la première femme, et j’en suis très fière. Aujourd’hui nous sponsorisons des équipes de rugby de filles et de garçons provenant des écoles d’ingénieurs. Nous organisons des rencontres entre pairs et étudiants. J’apprécie toujours autant la richesse des échanges et les nombreuses expériences relatées, et bien sûr aussi l’entraide et la camaraderie, qui sont pour moi des valeurs fortes, celles du rugby par excellence..

 

 

️Comment envisages-tu d'encourager activement plus de femmes à rejoindre le domaine du numérique, en particulier dans des postes de responsabilité ? 

 

C’est devenu naturel pour moi de promouvoir ces métiers. Régulièrement lors de mes échanges, séminaires, réunions, je parle de nos métiers et du manque de représentation féminine à tous les niveaux de postes.

 

 

️Comment as-tu contribué à créer un environnement de travail inclusif et diversifié pour tous, et quelles ont été tes expériences dans ce domaine ? 

 

Dans le milieu professionnel, mes maîtres mots sont la confiance et la délégation. De ce fait, je laisse une grande autonomie à mes responsables et collaborateurs. Mes deux dernières expériences en la matière ont été le recrutement de deux de mes collaboratrices. Elles n’avaient jamais travaillé directement dans une direction Informatique pensant qu’elles ne pourraient pas postuler par peur de ne pas avoir le niveau. Je les ai convaincues de venir travailler avec moi. Une confiance mutuelle et un accompagnement spécifique ont permis une parfaite intégration dans le service. Je suis ravie d’avoir fait ce choix et de ne m’être pas arrêtée uniquement au diplôme. Le seul conseil que je me permettrai de faire, c’est qu’il est important de garder une partie de sensibilité et d’écoute pour ne pas passer à côté de pépites.

 

 

️Quelles sont tes aspirations personnelles et professionnelles pour l'avenir dans le domaine du numérique, et comment envisages-tu de continuer à inspirer et à influencer positivement ceux qui t'entourent ? 

 

Je souhaite que les écoles promeuvent tous les métiers numériques aux filles et ceci sans modération. Il est important d’expliquer aux parents et aux professionnels de l’éducation la nécessité d’avoir des femmes dans l’informatique quelque ce soit le niveau du poste ou la thématique abordée (technique, sécurité ou IA). Plus que jamais, il est nécessaire de partager ce que sont nos métiers dans les écoles, de rassurer nos futurs collègues, de donner confiance, de savoir oser et enfin comme j’aime à le dire : « Fais-toi confiance et fonce ».

 

 

 


 

Interview du mercredi Women4Tech #3 - Laurie Du Boullay

Interview du mercredi Women4Tech #3 - Laurie Du Boullay

 

A l'occasion de l'évènement Women4Tech, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer chacune des Femmes de la Tech présente lors de la Table ronde.

 

Troisième volet de nos questions/réponses avec Laurie DU BOULLAY.

 


 

️Laurie, ton parcours est remarquable ! En tant que consultante SAP, COO d’oXya, mentor/advisor pour des startups aux USA et maintenant VP de la culture chez Dataiku, pourrais-tu nous parler de ton parcours ?

 

Mon parcours a été tout sauf conventionnel ; ma curiosité m'a toujours orientée vers des projets stimulants et des équipes partageant mes valeurs. Mes diverses expériences m'ont doté de compétences précieuses qui constituent mon principal atout. Par exemple : j'ai étudié le design et l'architecture à Parsons, à New York, ce qui est très éloigné des domaines de compétences attendus dans mon milieu professionnel. Pourtant cette expérience m'a appris à envisager des méthodes de travail très différentes de celles observées dans les environnements techniques. Notamment à valoriser l'intelligence collective des équipes et à envisager différemment nos interactions avec la technologie - À ce propos, je recommande vivement la lecture de l'excellent livre de Don Norman, The Design of Everyday Things.

 

 

️ As-tu rencontré des difficultés en tant que femme  ?

 

Dans le monde professionnel, nous sommes tous confrontés à des difficultés indépendamment de notre genre. Toutefois, en tant que femme, je reconnais que l'environnement de travail direct est crucial. On parle souvent de plans de carrière, mais d'après mon expérience, trouver un bon leader/manager est probablement dix fois plus important que n'importe quelle autre décision que vous pouvez prendre. Les politiques de diversité de l'entreprise, le travail que vous fournissez ou le poste que vous occupez aident évidemment mais si vous n'avez pas un manager direct qui souhaite véritablement vous voir progresser et vous soutenir, votre développement professionnel en sera fortement impacté. Attention, je ne suggère absolument pas de démissionner dès que vous sentez que votre manager ne vous challenge pas ou ne respecte pas votre travail. Une carrière suit un rythme avec des périodes d'accélération et des moments d'apprentissage. On apprend énormément de ses pires managers (si, si je vous assure), gérer des personnalités est une compétence qui peut être utile par exemple. Sachez simplement que certains managers ne seront jamais des accélérateurs de carrière pour vous. Par conséquent, c'est à vous d'initier le changement qui vous permettra peut-être de passer à l'étape suivante au bon moment.

 

 

️Qu’est-ce qui te passionne dans ton travail ?

 

Notre industrie (intelligence artificielle ou AI) est en pleine évolution. L'Intelligence artificielle bouscule les organisations et demande aux dirigeants de repenser en profondeur leurs organisations. Chez Dataiku, nous sommes convaincus que l'adoption de lA dans les entreprises nécessite des solutions globales. Déployer une plateforme unique d’IA d’entreprise permet en effet d'éviter une prolifération de micro-solutions qui sont par essence difficile à maintenir techniquement, ne permettent pas d'offrir de solutions de gouvernance ou de contrôle de coûts (très important dans le contexte d'IA générative). J’ai également eu le privilège de collaborer avec des équipes exceptionnelles sur des projets passionnants, tels que la culture d'entreprise, la gestion des talents, la responsabilité sociale et environnementale des entreprises... Je crois profondément en la valeur de notre logiciel, Dataiku, et je constate chaque jour son impact positif à travers les associations que nous soutenons. Notre programme AI for Good permet à tout organisme à but non lucratif d'utiliser gratuitement notre logiciel, ce qui me remplit de fierté et de motivation.  

 

 

️Pourquoi as-tu choisi de faire des études en informatique ?

 

On ne rentre pas en école d'ingénieur en informatique par hasard. Notre système éducatif évolue et inclut désormais des cours de code et de technologie. Cette introduction est déjà un bon progrès mais n'est pas suffisante, nous sommes encore loin de l'effort nécessaire pour créer de réelles vocations. Ce que je remarque c'est que les femmes qui sont dans l'informatique aujourd'hui ont généralement un parcours similaire. Elles ont été "introduites" au code ou à la technologie par un/une proche (parent, ami), un/une professeur ... Avec qui elles ont pris confiance en codant sur de longues périodes. Dans mon cas, c'était grâce à mon père qui m'a acheté mon premier ordinateur et avec qui j'ai commencé à coder.

 

 

️Quels conseils donnerais-tu à une jeune fille qui souhaite se lancer dans la tech aujourd’hui ? 

 

Entourez-vous de personnalités aussi diverses que possible, avec qui vous pouvez partager. Trouvez-en dans votre organisation, dans des réseaux professionnels et dans votre vie privée. Un réseau équilibre a besoin de ces trois piliers.

 

 

️Tu as accompagné des startups en tant que mentor et advisor aux USA. Quelle est la place des femmes entrepreneures ? 

 

J'ai constaté une évolution très encourageante dans l'entrepreneuriat féminin, bien que des défis subsistent, notamment en ce qui concerne le financement des startups dirigées par des femmes. Il reste encore du chemin à parcourir pour créer un environnement véritablement inclusif où les femmes entrepreneures peuvent s'épanouir pleinement. Malgré cela, je demeure optimiste quant à l'avenir et m'engage à soutenir cette cause. Personnellement, lorsque j'investis dans une startup, je privilégie toujours les entreprises dirigées par des femmes.

 

 

 


 

Interview du mercredi Women4Tech #2 - Coranne Bechlem

Interview du mercredi Women4Tech #2 - Coranne Bechlem

 

A l'occasion de l'évènement Women4Tech, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer chacune des Femmes de la Tech présente lors de la Table ronde.

 

Coranne BECHLEM s'est prétée au second volet de nos questions-réponses.

 


 

️ Coranne, tu es Global Innovation Lead chez SAP, peux-tu nous parler de ton parcours et de tes challenges ? 

 

La curiosité a toujours été mon principal moteur, c’est ce qui m’a permis de faire des rencontres. En septembre, cela fera huit ans que je suis chez SAP. J’ai occupé 3 rôles différents, principalement dans les ventes, un deuxième rôle en tant que Chief of Staff du PDG France (Gérald Karsenti) et enfin le rôle actuel de Global Innovation Lead. Sans les rencontres, les opportunités ne se seraient pas présentées. Et c’est justement ça le challenge : d’être toujours animée et passionnée par ce que l’on fait. Sans cela, il est impossible de faire la différence. Cette curiosité contribue à animer cette passion, qui nous motive jour après jour.

 

 

️ As-tu rencontré des difficultés en tant que femme  ?

 

Le monde du travail est régi par des codes, et en tant que minorité, par définition, nous n’avons pas toujours toutes les cartes en main. Donc oui, en tant que femme, il faut prouver deux fois plus, et il faut apprendre à surmonter les difficultés. Mais ces difficultés sont vécues par tant de minorités... Tout est sujet à discrimination : l’origine, le handicap, l’âge etc…

Une femme me racontait que, du jour au lendemain, elle était passée du fameux « Tu es trop jeune pour ce rôle » au « Tu es trop senior pour ce rôle ». Notre chance, c’est que le marché de la Tech a été créé par des personnes issues des minorités, qui n’avaient pas forcément les cursus traditionnels, ni les codes. Ils / elles ont «juste» créé, développé. Et si on cherche bien, il y en a plein des femmes dans la Tech qui bousculent tout ! Je pense notamment à Isabelle Rabier (Jolimoiparis), Emilie Daversin (VO2 Group), Priscillia Routier Trillard (The Sorority)… La liste serait trop longue si je devais continuer. Cela permet donc de prouver la valeur qu’apporte cette diversité. Nous allons dans le bon sens !

 

 

️ Lors de la table ronde, tu as parlé de rôle modèle, quel est ton rôle modèle ? 

 

Nous y voilà ! Question pas simple, car j’ai toujours envie de répondre ma mère qui, étant autodidacte, a brillamment réussi dans la tech. A vrai dire, c’est elle qui m’a véritablement tout enseigné ! Je suis très fière d’elle, et si notre société était plus équitable (et non égalitaire), elle aurait pu aller beaucoup plus loin !

Je suis obligée également de parler d’Angélique Gérard, car après une carrière brillante au sein du Groupe iliad, elle a décidé de passer à l’action et de prendre le problème à la source. Si nous voulons plus de femmes dans la Tech, alors il faut commencer par les former, et c’est ce qu’elle est en train de mettre en œuvre avec la STEM Academy, aux côtés de Léna Touchard

 

 

️ Tu es issue d’HEC Montréal et Grenoble Ecole de Management. Comment t’es-tu orientée vers la tech et devenue Global Innovation Lead chez SAP ? 

 

Effectivement, Grenoble EM avait noué un partenariat avec HEC Montréal qui est membre SAP Next-Gen. J’arrive là-bas et je découvre à peu près tout sur l’informatique : les architectures d’un SI, la cybersécurité, le noSQL et surtout le monde SAP… C’était beaucoup de travail car je partais vraiment de zéro.

Par chance, l’accompagnement dans l’Éducation au Canada est complètement différent de la France, alors avec beaucoup de soutien, j’ai réussi à obtenir la Certification SAP. Et suite à cela, j’ai obtenu une alternance en moins d’une semaine chez SAP France : alors pas en tant que consultante, mais dans les ventes. Le début d’une longue histoire ! ⁠⁠

 

 

️ Quels conseils donnerais-tu aux femmes qui veulent aller vers la tech ? 

 

La Tech est inévitable finalement ! Peu importe le métier ou le secteur, il vaut mieux maitriser quelques fondamentaux. C’est donc pour moi une opportunité d’indépendance, qui vous permettra de pouvoir ensuite faire vos propres choix car vous serez en mesure de pouvoir tout faire avec de telles fondations.

Et j’en reviens aux réseaux. Le XVDSI en est un très bon exemple : une multitude de rôles, d’expertises, composé de personnes passionnées qui sont prêtes à aider !

 

 

️ Peux-tu nous parler d’une expérience qui t’a particulièrement marqué ? Et qui pourraient inspirer les jeunes filles ? 

 

Sans hésiter, je parlerais du programme #SororityInTech que nous avons lancé en France. Le but est simple, il est de mettre en lumière l’entraide au féminin. Il était urgent de déconstruire le mythe de la Reine des abeilles, prête à tout pour garder son trône. Et après l’avoir constaté dans plusieurs pays avec des cultures différentes, je me suis rendu compte que les problématiques étaient les mêmes... Le positif attire le positif, alors si l’on met en avant des femmes qui s’entraident, cela devrait encourager d’autres femmes à faire de même et surtout, cela permet de freiner celles qui n’ont pas un esprit de sororité !

 

 

 


 

Interview du mercredi Women4Tech #1 - Hélène Diep

Interview du mercredi Women4Tech #1 - Hélène Diep

 

A l'occasion de l'évènement Women4Tech, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer chacune des Femmes de la Tech présente lors de la Table ronde.

 

Hélène DIEP s'est prétée au premier volet de nos questions-réponses.

 


 

️ Hélène, peux-tu nous parler de ton parcours entrepreneurial ? 

 

Après avoir exercé les métiers de consultante informatique et de directrice commerciale au sein d’une ESN, je décide de me lancer en 2010 dans l’aventure entrepreneuriale. Je co-fonde un cabinet de conseil dédié au secteur bancaire et financier. L’activité a tout de suite bien fonctionné en dépit d’un contexte difficile moins de deux ans après la crise financière. 

 

A l’affut de nouvelles opportunités de business, c’est en échangeant avec des consultants indépendants et des porteurs de projet que nous identifions un vrai besoin d’accompagnement et de sécurisation de leurs parcours professionnels. Nous avons alors eu l’intuition que le portage salarial allait rapidement se développer et créons Prium Portage en 2012. D’abord dédié aux métiers de l’IT, nous étendons progressivement notre offre de servies à de nombreux autres métiers. En 2015, nous fondons Prium City dédié au portage salarial des négociateurs immobiliers et Prium Formation dédié au portage salarial des formateurs indépendants. Le groupe Prium c’est aujourd’hui près 65 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

 

Passionnée par l’innovation et les technologies, je créée Terracoda en 2024, un intégrateur de Faveod. Nous utilisons cette technologie pour développer des solutions informatiques à hautes performances, souveraines, sécurisées pour un monde plus responsable et durable. Cela va en effet plus loin que la simple fourniture de services technologiques. La société s’efforce de créer des solutions avec un vrai impact positif sur les entreprises.

 

 

️ Peux-tu nous dire ce qui t’intéresse dans l’entrepreneuriat et si tu as eu des difficultés en tant que femme ?

 

Pour moi l’entrepreneuriat c’est apporter des solutions à des besoins en se basant sur une vision, une stratégie, de l’innovation tout en en prenant des risques financiers et personnels. Le succès repose non seulement sur les idées et leur exécution mais la capacité à inspirer et à rassembler une équipe autour d’une vision commune et c’est clairement ce qui me plait. Je dis souvent que ma plus grande fierté est mes équipes, totalement engagées. Sans les collaborateurs, Prium et Terracoda n’auraient pas eu un tel succès. 

Je n’ai pas eu de difficulté particulière à m’imposer en tant que femme. On parle souvent du syndrome de l’imposteur où les personnes doutent de leurs compétences, talents ou leurs réalisations et ont une peur d’être démasqués. En réalité ce syndrome touche autant les femmes que les hommes. Pour réussir, il faut croire en son projet, fédérer les personnes autour de soi et ne pas hésiter à être bien entouré voir même être mentoré pour se remettre en question et ainsi avancer. 

 

 

️ Pourquoi as-tu choisi de faire des études en informatique ? 

 

Au lycée, ma passion pour l’informatique a pris racine dans les jeux vidéo. Je voulais intégrer EPITA pour devenir développeuse de jeux mais ce choix s’est fait aussi dans une approche pragmatique. Avec une demande croissante de compétences, j’ai identifié l’informatique comme un secteur prometteur, offrant une sécurité d’emploi, des opportunités et une capacité d’innovation sans cesse renouvelée. 

 

 

️ Quels conseils donnerais-tu à une jeune fille qui souhaite se lancer dans la tech aujourd’hui ? 

 

Allez-y les filles, c’est passionnant, c’est enrichissant et c’est à vous de faire vos propres choix pour votre carrière ! C’est une porte ouverte vers une infinité de possibilités, c’est une aventure où la seule limite est l’imagination. 

L’informatique est la clé de voûte de tous les secteurs d’activité, de la santé à l’art, de l’ingénierie à l’environnement. Les avancées technologiques transforment notre monde. Vous pouvez vous spécialiser, entreprendre, tout est possible ! L’informatique n’est pas seulement pour les garçons, c’est pour tous ceux qui osent et cela vous inclut. 

 

Pour celles qui veulent entreprendre, je dirai « lancez-vous ! ». J’aime cette citation de Winston Churchill : « le succès consiste à aller d’échecs en échecs sans perdre son enthousiasme ». Si vous avez une idée, testez là. Si ça ne marche pas, apprenez de cette expérience et passez à autre chose. Un jour ça va fonctionner. Vous apprendrez ainsi de vos échecs. Les autres retiendront vos succès.

 

 

️ Peux-tu nous parler de ton implication au niveau associatif ? XVDSI, EPITA Alumni, G9+ ? 

 

Il est pour moi important de soutenir le tissu entrepreneurial et cela passe par le réseau. J’ai rejoint EPITA Alumni il y a 10 ans et j’en suis la Présidente depuis plus d’un an. C’est important d’avoir une communauté forte d’anciens pour échanger, partager et créer des opportunités. En tant que femme entrepreneure, j’ai envie de m’investir aux groupes de réflexions pour accompagner les initiatives, les innovations technologiques, organisationnelles, écologiques, sociétales et c’est la raison pour laquelle j’ai rejoint l’institut du G9+.

Enfin, le XVDSI est une vraie famille. Je suis vraiment fière et honorée de faire partie de ce groupe et d’échanger avec des membres passionnants et passionnés par la tech et qui portent les valeurs du Rugby : solidarité, entraide et partage. Je suis ravie de diriger la commission Women4Tech de cette association, pour promouvoir les femmes de notre communauté qui sont des rôles modèles. Nous souhaitons les mettre en lumière pour susciter des vocations auprès des filles et des femmes en reconversion professionnel.

 

 


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